Méthodes De Breeding De Cannabis : Selfing

Le selfing est une méthode très populaire parmi les breeders de cannabis, car elle peut les aider à stabiliser leurs variétés beaucoup plus rapidement. Cependant, c’est aussi une technique de breeding très controversée. Certains l’éstiment être du breeding baclé et d’autres considèrent même que le selfing n’est pas naturel. Apprenons-en plus sur cette méthode de sélection à la mode et voyons comment vous pourriez l’utiliser pour créer votre propre variété de cannabis.

Qu'Est-Ce Que Le Selfing

Le selfing ou l’autopollinisation est un processus par lequel une plante peut produire des graines sans être pollinisée par une autre plante. Cela se produit lorsqu’il y a un transfert de pollen d’une anthère (partie mâle) vers un stigmate (partie femelle). Lorsqu’une plante se pollinise seule, tous les gènes transmis à la progéniture proviennent de cette même plante. Le résultat de l’autopollinisation est une population dérivée du même parent, connue sous le nom de S1. Ensuite, chaque génération suivante est S2, S3 et ainsi de suite. La principale façon pour les breeders d’appliquer cette méthode est réverser une plante femelle et d’utiliser ce pollen féminisé pour polliniser cette même plante ou son clone.

Un Outil De Séléction Utile

Contrairement au “Pollen Chucking”, une bonne sélection de cannabis consiste à stabiliser les souches afin qu’elles puissent se reproduire prévisiblement pour un certain nombre de traits choisis. Habituellement, ce processus commence après avoir trouvé une plante intéressante lors d’une chasse aux phénotypes. En d’autres termes, après avoir trouvé une plante présentant des caractéristiques exceptionnelles, les breeders essaieront alors de fixer ces caractéristiques afin que leur nouvelle souche puisse devenir génétiquement stable. Il existe différentes méthodes de sélection auxquelles les breeders peuvent recourir pour stabiliser leurs lignées. Cependant, le selfing est le moyen le plus rapide d’atteindre la stabilité (homozygotie). Chaque fois que vous autofécondez une plante, sa progéniture devient 50 % plus stable génétiquement. Chaque gène n’a que deux allèles différents (deux versions différentes). Par conséquent, lors de l’autopollinisation d’une plante, il n’y a pas beaucoup de combinaisons possibles, ce qui augmente rapidement la stabilité génétique. Même si le selfing peut permettre aux breeders de créer rapidement une IBL (In-bred Line), il peut également y avoir de sérieux inconvénients à utiliser cette méthode.

Selfing : Avantages VS Inconvénients

Avantages :

  • Le moyen le plus rapide de stabiliser une souche:
    Comme nous l’avons vu précédemment, l’autofécondation entraîne une perte rapide de la diversité génétique, entraînant une augmentation rapide de la stabilité génétique. C’est un excellent outil pour fixer certains traits désirés.
  • Besoin de travailler avec moins de plantes:
    Lorsqu’ils utilisent cette méthode, les breeders ne commencent qu’avec une seule plante. De ce fait, il sera plus facile de trouver des plantes exprimant les mêmes caractéristiques intéressantes parmi la progéniture. Par conséquent, les sélectionneurs peuvent créer une IBL en travaillant avec moins de plantes que lorsqu’ils ont recours au line breeding.
  • Révèle la cartographie génétique:
    À condition de faire pousser suffisamment de graines, le selfing aide à révéler quels allèles sont dominants et lesquels sont récessifs. Par exemple, si environ 75 % de vos S1 se retrouvent avec des fleurs vertes et seulement environ 25 % avec des fleurs noires, alors vous pouvez en déduire que le trait “bud vert” est dominant et l’autre récessif.
  • Montre à quel point une souche est déjà stable:
    Si une plante est déjà une vraie IBL (homozygote), alors les S1 que vous ferez avec afficheront un haut niveau d’uniformité.
    Si toutefois après l’autofécondation d’une plante, vous remarquez beaucoup de diversité parmi la progéniture, alors, vous pouvez conclure que la variété n’est pas stable.

Cons:

  • Perte de vigueur:
    En réduisant rapidement la diversité génétique, le selfing peut conduire à une dépression de consanguinité. Cette dépression est caractérisée par un déclin de la vigueur et de la forme physique globale de la progéniture. Avec cette technique de selection, la perte de vigueur est presque inévitable. Cependant, les breeders de cannabis qualifiés peuvent minimiser ce déclin en sélectionnant les plantes les plus vigoureuses, générations après génération.
  • Infertilité:
    A chaque nouvelle génération autofécondée, le risque de perte de fertilité est de plus en plus grand. Soit le pollen réversé de la progéniture peut devenir moins viable, soit leurs fleurs femelles peuvent ne pas être en mesure de produire des graines après avoir été pollinisées. Il s’agit d’un problème relativement courant, il est donc important de réverser plusieurs plantes ou bien de polliniser plusieurs plantes en même temps. De cette façon, même si certaines d’entre elles sont stériles, vous pourrez toujours faire des graines.
  • Caractéristiques indésirables:
    Lors de la stabilisation d’une lignée, les sélectionneurs peuvent fixer par inadvertance des traits indésirables. À un moment donné, leur souche peut commencer à afficher certains attributs négatifs. Par exemple, toute la progéniture peut commenser a produire des tiges cassantes, des feuilles mutées ou devenir hermaphrodites. Cela est encore plus susceptible de se produire avec le selfing. C’est pourquoi les breeders doivent toujours conserver des semences ou des clones des générations précédentes. Lorsqu’ils se rendront compte qu’ils ont fixé certains traits indésirables, ils auront quelque chose sur quoi se rabattre.

Mythes Sur Le Selfing

Toutes Les Graines Féminisées Sont Des S1

Certains cultivateurs appellent les graines féminisées S1, S2…
S’il est vrai que les breeders peuvent recourir à l’autofécondation pour fabriquer des graines féminisées, ce n’est pas le seul moyen.
On peut aussi recourir au line breeding, croiser 2 lignées stables différentes (true F1) ou “pollen chuck” (polyhybride F1) afin de produire des graines fem.

Les S1 Sont Stables

S’il est vrai que le selfing augmente rapidement la stabilité, autoféconder un polyhybride instable une seule fois ne le rendra pas stable. Sa progéniture sera au contraire assez diversifiée. Afin d’atteindre la stabilité, vous devrez alors répéter le processus plusieurs fois ou effectuer un line breeding. Par conséquent, les S1 ne sont pas stables (homozygotes) à moins que le parent dont ils proviennent était déjà relativement stable.

Plante de cannabis femelle réversée.

Le Selfing N'est Pas Naturel

Les tomates, les aubergines et le piment, par exemple, s’autopollinisent naturellement. Même les plantes de cannabis peuvent parfois s’autopolliniser, car de nombreuses plantes de cannabis ont des tendances hermaphrodites. Lorsque les plants de cannabis femelles approchent de la fin de leur cycle de vie, elles produisent parfois quelques fleurs mâles comme ultime tentative de reproduction. Bien que nous, les humains, ne puissions naturellement pas avoir de bébés par nous-mêmes, le selfing est parfaitement naturel chez les plantes.

Questions Bonus

Pouvez-vous Autopolliniser Une Plante Mâle ?

Tout comme vous pouvez réverser une femelle, vous pouvez également réverser un mâle en utilisant un spray à l’éthéphon. Par conséquent, vous pouvez également autopolliniser des plantes mâles. Cependant, les S1 fabriqués de cette façon donneraient à la fois des plantes femelles et mâles. Contrairement aux plantes femelles, les mâles ont à la fois un chromosome X et un chromosome Y.

Pouvez-vous Autopolliniser Plusieurs Fois ?

Vous pouvez absolument répéter le processus plusieurs fois. Pour ce faire, autofécondez une plante que vous avez sélectionnée parmi la descendance de la plante précédente que vous avez autofécondée. Cependant, chaque fois que vous répétez le processus, les risques de perte de vigueur, d’infertilité ou de mauvaises mutations augmentent.

Bien qu’il faille des connaissances et de la pratique, le selfing peut être un outil incroyablement utile pour les breeders professionnels et amateurs.

2 réflexions sur “Méthodes De Breeding De Cannabis : Selfing”

  1. Salut l’équipe, donc si je fais un croisement entre une sativa et une indica {régulière} et que j’ai sélectionné une plante mère je peut utilisé un clones pour tester le selfing sur mon F1 ??

    1. Salut a toi H Revolt,

      Qu’est ce que tu veux dire par: « tester le selfing sur le F1 »?
      Si tu self une de tes F1 directement, tu aura une diversitée de phenos avec certain qui se rapprochent du parent Sativa et d’autres de l’Indica.

      Bonne soirée,
      L’équipe Khalifa

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